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Olivier Assayas

Olivier Assayas est l’un des réalisateurs phares du cinéma français contemporain, un cinéaste prolifique et international dont les films examinent, avec élégance et perspicacité, les ambiguïtés de notre réalité. Il a commencé comme critique, travaillant aux Cahiers du Cinéma aux côtés d’autre futurs réalisateurs tels que Leos Carax. Ses premiers courts-métrages et longs-métrages sont influencés aussi bien par la scène musicale underground des années 80 en France que par son cinéma — et ses films en retiennent une sensibilité post-punk, bien que leurs sujets ont évolués et comptent parmi eux des drames de familles, des films biographiques historiques, des métafictions délirantes, des histoires de fantômes et des contemplations sur le mondialisme. Son long-métrage L’eau froide (1994) l’introduit à un public international (et vient d’être restauré et re-distribué par Janus Films et The Criterion Collection). Plusieurs de ses films suivant seront à leur tour reconnus internationalement ; dont Irma Vep (1996), Demonlover (2002), et L’Heure d’été (2008) ainsi que la mini-série Carlos (2010). Deux collaborations récentes avec Kristen Stewart, Sils Maria (2014) et Personal Shopper (2016) sont sélectionnées en compétition officielle du Festival de Cannes, et Assayas remporte le Prix de la mise en scène pour le dernier. Son nouveau film, Doubles vies, une comédie de moeurs située dans le monde de l’édition qui met en scène Guillaume Canet, Juliette Binoche et Vincent Macaigne, fut sélectionné à la Mostra de Venice et sera projété prochainement au New York Film Festival.

Olivier Assayas partage cinq films qu’il aime.

01

Nashville, Robert Altman, 1975

Voir le film

Durant quatre ans, entre 1971 et 1975, on peut dire que Robert Altman ne touche pas le sol. Je suis étrangement moins sensible à ce qui précède, y compris M*A*S*H, et à ce qui suit (trop baroque pour mon goût), mais Thieves Like Us, California Split, The Long Goodbye, McCabe and Mrs Miller, sont autant de réussites d’un cinéma libre de toute contrainte, porté par le meilleur de l’esprit de son époque. Il est à peine croyable, aujourd’hui, que ces films aient été financés par un studio et qu’ils aient même été des succès populaires. Nashville est l’aboutissement de cette série assez miraculeuse. Et même sa transcendance puisque c’est un film-somme, hors du temps qui saisit l’esprit de l’Amérique comme peut de films l’ont fait. On sent déjà quelquefois poindre une caricature un peu grinçante — Géraldine Chaplin, un très jeune Jeff Goldblum — qui donnent un aperçu des travers de ce qui suivra, mais pour l’essentiel le film est comme en état de grâce, à la fois drôle, cruel, profond et toujours d’une vérité humaine — et sociale — au scalpel.

02

Les Damnés, Luchino Visconti, 1969

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Luchino Visconti n’a jamais fait de film médiocre et ses chefs d’oeuvres sont des sommets du cinéma. Les Damnés, à la fois illustre et un peu oublié, est sans doute l’un de ses grands films les moins compris. Cet étrange mash-up des Buddenbrocks et de Macbeth, est un film noir, dérangeant et d’une profonde audace dans son traitement de ce qui rongeait l’Allemagne de Weimar aussi bien que le capitalisme de son temps. D'une originalité et d’une audace insensées dans l’industrie de l’époque, il a ouvert la voie à toute l’oeuvre de Fassbinder et sans lui Salo de Pasolini (qui en est le pendant) aurait été impossible.

03

Adalen 31, Bo Widerberg, 1969

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Bo Widerberg est — comme dans une certaine mesure Jan Troell — l’un des grands cinéastes modernes les moins reconnus. A sa manière il était le Pialat suédois — un autre très grand cinéaste dont la reconnaissance internationale est problématique — son cinéma d’une sensibilité d’écorché s’inscrit dans une osmose avec une nature qu’il regarde avec l’oeil des impressionnistes. Le lyrisme sec de ses films est aussi celui des espoirs révolutionnaires, aux débuts du mouvement ouvrier, on le retrouve dans un autre film en état de grâce, Joe Hill.

04

Le Pélican, Gérard Blain, 1974

Quand le cinéma de Gérard Blain sera-t-il reconnu et mis à sa juste place dans l’histoire du cinéma français, l’une des plus hautes ? Est-ce sa carrière d’acteur qui lui fait de l’ombre, sa radicalité, celle du plus authentique disciple de Robert Bresson, ou encore les polémiques qui ont accompagné l'œuvre de ce provocateur impossible à enrégimenter ou à intégrer par quelque chapelle, et par l’industrie encore moins. Tous les films de Gérard Blain sont importants et parmi eux Le Pélican est sans doute le plus bouleversant.

05

Les Proscrits, Victor Sjöström, 1918

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Interrompue par l'arrivée du parlant, l’oeuvre de Victor Sjöstrom est l’un des sommets du cinéma muet. Même si l’on s’intéresse moins aujourd’hui au Vent, pourtant longtemps considéré comme l’un des chefs d’oeuvre de l’histoire du cinéma ; et qu’on connaît moins, aussi, La Charrette fantôme, pourtant l’un des films matrices du cinéma d’Ingmar Bergman qui le revoyait, rituellement, chaque année ; et même si on ne se souvient, souvent, de lui que pour son rôle dans Les Fraises sauvages, Victor Sjöström est l’auteur d’une oeuvre visionnaire, profonde, qui fait de lui l’égal de ses plus grands contemporains, Dreyer ou Murnau. Pour ma part c’est Les Proscrits, inspiré de l’histoire vraie d’un hors-la loi islandais au 18ème Siècle, Berg-Ejvind, interprété par Sjöström lui-même, qui a laissé en moi la trace la plus indélébile.

01 Nashville, Robert Altman, 1975

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01

Durant quatre ans, entre 1971 et 1975, on peut dire que Robert Altman ne touche pas le sol. Je suis étrangement moins sensible à ce qui précède, y compris M*A*S*H, et à ce qui suit (trop baroque pour mon goût), mais Thieves Like Us, California Split, The Long Goodbye, McCabe and Mrs Miller, sont autant de réussites d’un cinéma libre de toute contrainte, porté par le meilleur de l’esprit de son époque. Il est à peine croyable, aujourd’hui, que ces films aient été financés par un studio et qu’ils aient même été des succès populaires. Nashville est l’aboutissement de cette série assez miraculeuse. Et même sa transcendance puisque c’est un film-somme, hors du temps qui saisit l’esprit de l’Amérique comme peut de films l’ont fait. On sent déjà quelquefois poindre une caricature un peu grinçante — Géraldine Chaplin, un très jeune Jeff Goldblum — qui donnent un aperçu des travers de ce qui suivra, mais pour l’essentiel le film est comme en état de grâce, à la fois drôle, cruel, profond et toujours d’une vérité humaine — et sociale — au scalpel.

02 Les Damnés, Luchino Visconti, 1969

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02

Luchino Visconti n’a jamais fait de film médiocre et ses chefs d’oeuvres sont des sommets du cinéma. Les Damnés, à la fois illustre et un peu oublié, est sans doute l’un de ses grands films les moins compris. Cet étrange mash-up des Buddenbrocks et de Macbeth, est un film noir, dérangeant et d’une profonde audace dans son traitement de ce qui rongeait l’Allemagne de Weimar aussi bien que le capitalisme de son temps. D'une originalité et d’une audace insensées dans l’industrie de l’époque, il a ouvert la voie à toute l’oeuvre de Fassbinder et sans lui Salo de Pasolini (qui en est le pendant) aurait été impossible.

03 Adalen 31, Bo Widerberg, 1969

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Bo Widerberg est — comme dans une certaine mesure Jan Troell — l’un des grands cinéastes modernes les moins reconnus. A sa manière il était le Pialat suédois — un autre très grand cinéaste dont la reconnaissance internationale est problématique — son cinéma d’une sensibilité d’écorché s’inscrit dans une osmose avec une nature qu’il regarde avec l’oeil des impressionnistes. Le lyrisme sec de ses films est aussi celui des espoirs révolutionnaires, aux débuts du mouvement ouvrier, on le retrouve dans un autre film en état de grâce, Joe Hill.

04 Le Pélican, Gérard Blain, 1974

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Quand le cinéma de Gérard Blain sera-t-il reconnu et mis à sa juste place dans l’histoire du cinéma français, l’une des plus hautes ? Est-ce sa carrière d’acteur qui lui fait de l’ombre, sa radicalité, celle du plus authentique disciple de Robert Bresson, ou encore les polémiques qui ont accompagné l'œuvre de ce provocateur impossible à enrégimenter ou à intégrer par quelque chapelle, et par l’industrie encore moins. Tous les films de Gérard Blain sont importants et parmi eux Le Pélican est sans doute le plus bouleversant.

05 Les Proscrits, Victor Sjöström, 1918

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05

Interrompue par l'arrivée du parlant, l’oeuvre de Victor Sjöstrom est l’un des sommets du cinéma muet. Même si l’on s’intéresse moins aujourd’hui au Vent, pourtant longtemps considéré comme l’un des chefs d’oeuvre de l’histoire du cinéma ; et qu’on connaît moins, aussi, La Charrette fantôme, pourtant l’un des films matrices du cinéma d’Ingmar Bergman qui le revoyait, rituellement, chaque année ; et même si on ne se souvient, souvent, de lui que pour son rôle dans Les Fraises sauvages, Victor Sjöström est l’auteur d’une oeuvre visionnaire, profonde, qui fait de lui l’égal de ses plus grands contemporains, Dreyer ou Murnau. Pour ma part c’est Les Proscrits, inspiré de l’histoire vraie d’un hors-la loi islandais au 18ème Siècle, Berg-Ejvind, interprété par Sjöström lui-même, qui a laissé en moi la trace la plus indélébile.

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